démarche

Je crée des objets photographiques, des sculptures, que je met en espace. Affectée par la dégradation entropique des écosystèmes du vivants, je tente de résister via diverses manières de troubler la représentation photographique. La photographie étant le médium du réel par excellence, du “ça a été” ; sa remise en cause participe pour moi d’une résistance symbolique.

Cette mise en trouble peut se matérialiser à travers des techniques d’effacement, de stratification, de déplacement ou encore de digestion.

Ainsi, grâce à un travail sur la matérialité du médium photographique, de recherches de supports atypiques, j’utilise le médium comme une arme de résistance, même dérisoire. Le détournement des matières, matériaux et supports, participe également de cette résistance.

Cette transfiguration de l’image photographique porte de nouvelles narrations, parfois traversées par le fantastique. Le hasard et les accidents sont mis à profit, détournés, permettant une non maîtrise assumée.

Le motif du chantier est récurrent dans mes travaux, il fonctionne pour moi comme une attraction à la fois esthétique et symbolique. Hautement ambivalent, il semble incarner un présent constant, pourtant éphémère.

Tel un non-lieu indéfini, il efface le passé sans retour possible, tout en élaborant un futur qui semble déjà en ruine.

biographie

Julie Rochereau vit à Montreuil (93). Artiste, photographe, elle est diplômée de l’Ecole des Gobelins en Photographie, d’un Master Art Contemporain-Photographie à l’Université Paris VIII de Saint-Denis, et d’un DNSEP à l’ENSAPC (Cergy).

Dans sa pratique, elle s’intéresse particulièrement aux questions du paysage contemporain et ses enjeux écologiques ; à travers des recherches sur la matérialité de l’image photographique et sa mise en espace. Ses derniers travaux portent sur des recherches de collaboration avec le vivant non-humain.

Elle a récemment exposé à la Fondation Laccolade lors du festival de Photo-Saint-Germain de 2025, à la Galerie Porte B et à la Galerie Plateforme avec le Collectif EeZ0 en 2026. Elle est lauréate de la bourse de recherche du Collège International de la Photographie de 2023 (CIP). Résidente au CPIF (Centre Photographique d’Ile de France) en 2022, son travail a été également exposé à la galerie Sinibaldi-Le Neuf à Paris en 2023, lors du prix Emergence Ile-de-France à la galerie Laurent Godin en 2021, ainsi qu’à la Biennale de l’Image Tangible en 2018.

Crédits typographiques : Clara Bougon ©